Actualité nationale

4 mois de grève au NH Collection Marseille : continuons la solidarité active et financière ! /9 août 2019

Publié le

soutien aux femmes de chambre du NH HOTEL en grève depuis le 11 avril 2019,

une action est organisée le 25 août 2019.
RENDEZ-VOUS 10h
Terminus Navette et Tram à Blagnac (31)
Soutien de tous souhaité.

Les femmes de chambre de l’hôtel NH Collection Marseille sont en grève depuis plus de 04 mois et le conflit reste bloqué, avec l’échec de la médiation préfectorale, sabordée par le sous-traitant ELIOR et ses propositions méprisantes tout comme l’attitude partiale de la médiatrice, trop proche du positionnement patronal.
Face à ce blocage, nous nous adressons directement au groupe NH pour qu’il prenne ses responsabilités et dégage ELIOR !

caisse_de_greve_nh

4 mois d’un conflit devenu emblématique. Cette grève, la plus longue dans l’hôtellerie marseillaise, a déjà marqué les esprits et dépassé les frontières locales en étant au cœur d’un débat public sur les conditions de travail des « invisibles » de la propreté qui est remonté jusqu’au gouvernement.

4 mois de lutte déterminée pour la dignité et le respect face au mépris, aux conditions de travail et de rémunérations indignes imposés par le sous-traitant ELIOR et le donneur d’ordre NH Hotel group.

4 mois de lutte face à la répression orchestrée au service des intérêts privés  ! Contrôles, évacuations policières, GAV, poursuites, fichage ADN… tout l’arsenal répressif a été déployé pour tenter de les faire taire ! Plusieurs camarades sont encore convoqués au mois de juillet.

JPEG - 3.9 Mo

4 mois d’une solidarité exemplaire ! Les grévistes ont pu compter sur une large solidarité active sur le piquet et financière avec une caisse de grève qui a permis de couvrir les pertes de salaire depuis avril.

La grève ne prendra pas de vacances cet été ! Pour aider la grève à tenir face à ces exploiteurs jusqu’en septembre et au-delà, nous appelons à poursuivre la campagne de don. Nous avons besoin de votre aide, les femmes de chambre doivent gagner !

# Caisse de grève en ligne : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/mcvvrkn0

# ou chèque à l’ordre de CNT-SO (mention au dos « solidarité NH ») à retourner au 24/28 rue de l’Abbé Féraud 13005 Marseille

JPEG - 97.6 ko

4 mois et la mobilisation continue sur la base des revendications : rappels et compensations pour les impayés sur salaire, augmentation des salaires et 13° mois, compensation des dimanche travaillés à 50%, organisation du travail respectueuse de la vie privée, changement de sous-traitant ou internalisation par le groupe NH !

Contre l’exploitation et le mépris, seule la lutte paye!

Publicités

Rassemblement : Castaner, Macron et Philippe ont tué Steve

Publié le

Rassemblement : Castaner, Macron et Philippe ont tué Steve

Mercredi 31 juillet – 18h – Métro Jean Jaurès à Toulouse 

Plus d’un mois après la disparition de Steve suite à une charge de la Police lors de la fête de la musique, les autorités ont retrouvé le corps du jeune homme dans la Loire. Ils auront mis plus d’un mois avant de commencer des recherches sérieuses.

Philippe vient de prendre la parole. Il réfute le lien entre la charge de la Police et la mort de Steve. Il assume les violences policières. Lui et son gouvernement sont pourtant les premiers responsables.

Des dizaines de milliers de personnes, amiEs, proches, anonymes révoltés par cet énième cas de violence policière ont demandé « Où est Steve ? ». Dernièrement, 85 personnes ont déposé une plainte collective « pour mise en danger de la vie d’autrui et violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique » contre cette intervention policière.

Steve est mort car il a dû fuir la Police, ses LBD, ses coups de matraques, ses grenades et ses gaz lacrymogènes. Une charge insensée dont ils étaient conscients qu’elle risquerait de faire des mortEs. 14 personnes ont dû être secourues dans la Loire.

Alors de qui se moque-t-on ? Cette affaire nous en rappelle tellement d’autres !

Récemment celle de Zineb Redouane à Marseille qui a été tuée par un tir de grenade lacrymogène. Mais aussi Adama Traoré, Rémi Fraisse, Zyed et Bouna… La liste des morts à cause des violences policières ne cesse de s’allonger dans l’impunité la plus totale. Les gouvernements couvrent les policiers auteurs de violence comme leur hiérarchie. Pour preuve, le donneur d’ordre de la charge a été décoré par Castaner suite à la disparition de Steve. Castaner qui a également décoré gradés et policiers pour les féliciter d’avoir réprimé violemment le mouvement des Gilets jaunes.

Face à la généralisation des violences policières, au régime autoritaire qui est en train de s’installer dans le pays, pour que toute la vérité soit faite sur la mort de Steve, nous appelons à nous rassembler ce mercredi 31 juillet à 18h à Jean Jaurès

STOP aux violences policières !

STOP à l’impunité policière et aux MENSONGES qui suivent les drames !

Qui a tué Steve ? Il y a une chaîne de responsabilité. Castaner doit démissionner !

UCL, la nouvelle organisation communiste libertaire.

Publié le

Réuni·es en congrès commun, nous, militantes et militants d’AL et de la CGA, avons décidé de fonder une nouvelle organisation révolutionnaire : l’Union communiste libertaire.

À l’heure où la crise du capitalisme s’amplifie, on voudrait nous imposer un choix entre la bourgeoisie libérale au pouvoir et l’extrême droite en embuscade.

Nous le refusons et nous affirmons bien au contraire qu’il est nécessaire aujourd’hui de porter un autre projet de société basé sur la démocratie directe, l’autogestion et le fédéralisme.

Nous ne voulons ni d’un monde taillé sur mesure pour ceux qui possèdent les richesses, ni d’une société cadenassée, militarisée et de plus en plus sous surveillance numérique.

Ici comme ailleurs, nous sommes solidaires avec les migrant·es et réfugié·es et nous nous tenons aux côtés de celles et ceux qui veulent abattre les frontières et briser l’impérialisme, le néo-colonialisme et particulièrement la Françafrique.

En France, la colère des Gilets jaunes a rappelé au pouvoir, et avec éclat, que la lutte des classes était plus que jamais d’actualité.

Le pouvoir ne s’y est d’ailleurs pas trompé en usant contre ce mouvement d’une violence d’État particulièrement brutale.

Nous avons pris toute notre part aux mobilisations des Gilets jaunes comme nous prenons part, et activement, au combat de classe en construisant nos luttes, nos grèves, nos syndicats.

Inlassablement, sur nos lieux de travail, nous résistons au quotidien à l’exploitation capitaliste. Et la Grève générale reste notre ordre du jour.

Sur les lieux d’études nous combattons la sélection sociale de plus en plus accrue.

L’Union communiste libertaire sera aux côtés de celles et ceux qui se battent pour détruire le patriarcat. Dans nos rangs comme dans la société, nous combattrons les oppressions de sexe et de genre, le sexisme et les LGBTIphobies.

Face à la mécanique raciste, nous serons à l’offensive et nous sommes solidaires des luttes contre les violences policières.

Nous continuerons de marcher avec les manifestant-es qui descendent dans la rue pour dénoncer le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité dont les capitalistes sont responsables.

Ouverte à toutes celles et ceux qui veulent bâtir une autre société, l’Union communiste libertaire est l’outil que nous forgerons chaque jour, dans les villes et les quartiers où nous vivons, dans les campagnes, pour dessiner demain un avenir émancipé de l’exploitation et de toutes les dominations.

Un avenir qui porte un nom et dans lequel nous plaçons nos espoirs : le communisme libertaire.

Le 10 juin 2019

Par quoi remplacer cette société

Image Publié le Mis à jour le

Non, le capitalisme n’est pas un horizon indépassable. Non, la « démocratie » indirecte n’est pas « le meilleur système possible ».

Pour changer la société, il faut des luttes collectives… mais il faut également un projet. Celui-ci doit tirer le bilan de l’échec du capitalisme comme du communisme stalinien, qui n’ont jamais apporté l’émancipation, la liberté, la justice sociale. Dissipons un malentendu  : RIC ou non, il ne peut y avoir de démocratie authentique dans le cadre du capitalisme.

Pourquoi  ? Parce que celui-ci place le champ économique «  hors démocratie  », entre les mains du marché et d’une minorité privilégiée, non élue, au pouvoir héréditaire. Il ne peut y avoir de démocratie que contre le capitalisme.

Manifestation mardi 5 février à Toulouse, 14h Saint Cyprien – Associations, organisations syndicales et partis politiques

Publié le


Les gilets jaunes ont décidé de se joindre à une grève annoncée par les syndicats le 5 février 2019. « Nous voyons dans cette convergence une possibilité de victoire sociale majeure, en permettant un mouvement d’ensemble durable et reconductible incluant l’ensemble des salarié-es, la population des quartiers populaires et la jeunesse », estiment syndicats et partis signataires de cet appel aux côtés de l’écrivaine Annie Ernaux, du réalisateur Robert Guédiguian, de l’économiste Thomas Coutrot…

La France est bouleversée depuis 11 semaines par une révolte citoyenne et sociale sans précédent depuis Mai 68. 

Depuis 11 semaines, malgré les caricatures et le mépris, les gilets jaunes exigent des mesures simples et immédiates et plus que légitimes de démocratie et de justice fiscale, sociale et environnementale.

Simples et immédiates, parce que l’annulation de la hausse des taxes sur le carburant aurait pu être compensée quasi immédiatement par le rétablissement de l’ISF. Parce que la remise en cause du CICE pourrait financer une augmentation immédiate du SMIC.

Plus que légitimes, parce que dans un pays devenu un paradis pour les millionnaires, la répartition des richesses est une urgence absolue pour en finir avec l’indécence de cette situation. 

Le dimanche 27 janvier à Commercy, une assemblée de groupes gilets jaunes venant de toute la France a lancé un appel contenant des revendications sociales et écologiques fortes (augmentation immédiate des salaires, minimas sociaux, allocations et pensions, droit au logement, à la santé, à l’éducation, services publics gratuits et pour tous, éradication de la misère sous toutes ses formes, égalité et prise en compte de toutes et tous quelle que soit sa nationalité, transition écologique…) ainsi que de grandes exigences démocratiques.

Pour la première fois depuis le début de la mobilisation, les gilets jaunes ont décidé de se joindre à une grève annoncée par les syndicats le 5 février 2019.

Nous voyons dans cette convergence une possibilité de victoire sociale majeure, en permettant un mouvement d’ensemble durable et reconductible incluant l’ensemble des salarié-es, la population des quartiers populaires et la jeunesse. Nous souhaitons que la grève et les manifestations soient les plus massives possible afin de faire aboutir ces revendications légitimes. C’est pourquoi nous apportons tout notre soutien à cette date.

Nous condamnons les tentatives de l’extrême droite de s’approprier ce mouvement et de l’utiliser pour promouvoir la haine des immigré-es, l’antisémitisme, le racisme, le sexisme et l’homophobie.

Au lieu d’écouter, le pouvoir se recroqueville sur son appareil répressif et sur un simulacre de débat. Il prépare même une loi qui restreint la liberté de manifestation. Nous nous y opposerons ! Nous exigeons du gouvernement qu’il abandonne la logique de criminalisation du mouvement social et populaire. Un président qui ordonne ou couvre de telles violences sur ses compatriotes perd sa légitimité de représentation du peuple. Nous ne nous habituerons jamais à ces visages cassés, aux centaines de blessures et mutilations et à ces dizaines de décès que le gouvernement s’échine à minimiser ou nier. 

Ce n’est pas dans la dérive autoritaire que se trouve la sortie de crise. Ce n’est pas en menottant ou en éborgnant les gilets jaunes et ses porte-voix qu’il étouffera la contestation. Le vrai débat populaire s’exprime dans les quartiers, les rond-points, les assemblées communes, les entreprises. Emmanuel Macron a perdu la bataille des idées. Il doit faire droit aux revendications sociales et populaires !

Associations, organisations syndicales et partis politiques

Attac
Collectif national pour les droits des Femmes (CNDF)
Collectif  La vérité pour ADAMA
Fondation Copernic
Union Départementale CGT 75
Sud PTT
Solidaires
Alternative Libertaire
Ensemble
Gauche Démocratique et Sociale (GDS)
Génération.s
Groupe parlementaire FI
Mouvement Ecolo
Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)
Parti de Gauche (PG)
Parti Ouvrier Indépendant (POI)

Macron balance des miettes

Publié le

Macron balance des miettes

Le 10 décembre, Macron a pris la parole dans son palais, devant son grand bureau de bois verni et doré. Son objectif était d’éteindre la colère sociale qui bouillonne dans la rue depuis quatre semaines. Mais le président des patrons n’est pas prêt à lâcher et il va falloir encore augmenter la pression, par la grève et les blocages, pour qu’il finisse par plier.

Les annonces faites par Macron étaient destinées à calmer la mobilisation mais ça ne suffira pas. Ce n’est pas en lançant quelques miettes et en essayant d’enfumer la population qu’il poussera les Gilets jaunes à rentrer chez eux et chez elles.

La première annonce, c’est l’augmentation du Smic. Ou plutôt c’est comme ça qu’il a voulu la présenter. Parce qu’en réalité, il n’y aura pas d’augmentation d e salaires. Il n’y aura qu’une augmentation de la prime d’activité que touchent certain-es des salarié-es au Smic. Et encore, cette augmentation intègre les augmentations de la prime d’activité qui avaient déjà été annoncées pour 2020 et 2021. La raison de cet enfumage, c’est que Macron ne veut surtout pas réduire les profits des patrons ni rogner sur la fortune des riches. C’est pour ça que cette petite augmentation ne sera pas payée par les patrons mais par les dépenses publiques, en augmentant les impôts ailleurs (mais surtout pas sur la fortune, ça serait trop injuste pour les riches : c’est dur d’être riche) ou en détruisant encore plus les services publics.

Sarkozysme recyclé

Deuxième mesure annoncée : la défiscalisation des heures supplémentaires. Alors là c’est quand même fantastique : pour essayer de calmer la colère, Macron recycle un « cadeau » de Sarkozy. Et c’est bien sûr un cadeau à double tranchant parce que ça revient à inciter à bosser encore plus et ça conduit les patrons à embaucher encore moins. La vraie solution, ce serait la baisse du temps travail sans diminution de salaire.

Enfin, Macron annonce une suppression de la hausse de la CSG pour les plus petites retraites. Mais il ne rend pas l’argent déjà volé en 2018. Et c’est une mesure qui va sans doute elle aussi devoir être financée par des augmentations de taxes ailleurs ou par de nouvelles suppressions de postes.

Bref, rien sur l’ISF, rien sur les augmentations de salaires, rien sur le temps de travail, rien sur les services publics, rien sur l’âge de départ à la retraite ou la revalorisation des pensions.

Les patrons et les riches peuvent continuer à dormir tranquilles, Macron prend bien soin d’eux.

En tout cas, même s’il continue à se mépriser les travailleurs et travailleuses en lutte, ces nouvelles annonces montrent que Macron a des sueurs froides et que le pouvoir tremble. C’est le moment de passer à l’échelle supérieure en amplifiant la mobilisation par le blocage de l’économie et par la grève.

Alternative libertaire, le 11 décembre 2018

Syndicalistes, écologistes et libertaires dans le mouvement des gilets jaunes : quatre enjeux

Publié le

Syndicalistes, écologistes et libertaires dans le mouvement des gilets jaunes : quatre enjeux

Orientation issue de la conférence exceptionnelle d’Alternative libertaire du 6 décembre 2018

La journée du 4 décembre a montré la panique du pouvoir : il cède du terrain, se contredit, se fissure. Quelles sont ses options ? Un remaniement ministériel ? Quelques semaines après le précédent, cela ne serait que comique. Une dissolution de l’Assemblée nationale ? C’est le grand espoir de l’opposition parlementaire. Ce serait une fausse solution car, comme en Mai 68, cela n’aboutirait qu’à enterrer le mouvement sous la légalité institutionnelle. L’obstination « droit dans ses bottes » ? On continuera alors à augmenter le rapport de forces, jusqu’à ce que le pouvoir cède.

La police réprime à tout-va, le nombre d’emprisonné.es, de blessé.es et de mutilé.es va croissant. Plus un pouvoir se sent illégitime, plus il frappe fort.

L’amnistie générale des manifestantes et manifestants arrêtés doit devenir une revendication qui fonde la solidarité du mouvement.

Le mouvement des gilets jaunes est, fondamentalement, une révolte contre la vie chère. Même si nous dénonçons des positions racistes qui s’expriment localement, les motivations de celles et ceux qui luttent sont avant tout sociales. Cela s’exprime par des revendications qui sont parfois confuses, mais c’est ce qui arrive dans tout mouvement populaire spontané. Il faut noter d’ailleurs que la question du prix du carburant n’est maintenant plus au centre : ce qui ressort, c’est la dénonciation de la précarité croissance, c’est la dénonciation du mépris. Dans cette lutte, c’est notre camp social qui se mobilise et l’enjeu, pour les révolutionnaires, est de populariser des propositions et des orientations qui remettent en cause la loi du fric et des patrons.

Paris, le 1er décembre 2018
Photo : Filou

Premier enjeu :
faire prévaloir une orientation
sociale voire révolutionnaire

Le mouvement des gilets jaunes exprime un rejet global du système actuel, de ses inégalités sociales et territoriales, du gouvernement Macron, identifié à la dictature des classes possédantes. Derrière ce rejet global qui est partagé par tout le mouvement, les revendications concrètes sont parfois très diverses, allant des fausses solutions nationalistes et antifiscalistes à des revendications de justice fiscale (rétablissement de l’impôt sur la fortune, taxation du kérosène des avions, etc.) et de rétablissement des services publics de proximité.

Logiquement, chaque force politique s’efforce de proposer une voie au mouvement : la droite et l’extrême droite veulent le cantonner dans un marécage poujadiste et xénophobe ; la gauche réformiste appuie les revendications progressistes et réclame des élections anticipées ; la gauche révolutionnaire, dont AL, cherche à connecter le « ras le bol du système » à une prise de conscience nettement anticapitaliste et écologiste.

Faut-il crier « Macron démission » ? Si le président de la République démissionnait, ce serait certes un événement historique : la rue aurait fait chuter le pouvoir. Cependant, ce ne peut être une fin en soi, puisque le système qui a produit Macron resterait en place. La question est bien de changer toute la société, et c’est cela qu’il faut marteler.

Marginaliser le patronat, la droite et l’extrême droite dans ce mouvement populaire, c’est le premier enjeu dans ce mouvement, et il concerne toutes les forces de gauche et d’extrême gauche.

Paris, le 1er décembre 2018
Photo : Filou

Second enjeu :
réconcilier la contestation sociale
et l’impératif écologique

Il faut être clair : la transition écologique est une nécessité. Le réchauffement climatique menace la civilisation humaine d’une catastrophe. La production pétrolière mondiale est condamnée au déclin. Le modèle de la centralité de la voiture individuelle et des longues distances domicile-travail est donc condamné à terme. Il faut donc accompagner ce déclin. Mais pas en faisant de l’« écologie punitive » qui étrangle les travailleuses et travailleurs contraints de consommer du carburant.

La reconquête des transports publics et des services publics de proximité, méthodiquement démantelés depuis des décennies, doit devenir un mot d’ordre central. Il faut rendre à la population l’accès aux ressources et aux services de base, sans qu’elle ait à les payer de perpétuels trajets fastidieux et ruineux.

Conjuguer révolte sociale et visée écologiste, c’est le second enjeu dans ce mouvement, et il concerne toutes celles et ceux qui ont conscience de l’urgence de l’enjeu climatique.

Paris, le 1er décembre 2018
Photo : Filou

Troisième enjeu :
faire front
contre le gouvernement et le patronat

Après l’échec des grèves de 2016 et 2017 contre les lois Travail, cette révolte populaire qui emploie des moyens d’action directe pour se faire entendre – notamment les blocages économiques – ouvre une opportunité formidable au syndicalisme de lutte (CGT, SUD-Solidaires, etc.).

L’opportunité de retrouver le chemin de l’action, d’apporter une logistique et un savoir-faire pour organiser les blocages, et de proposer une orientation sociale et solidaire. L’opportunité surtout d’ajouter des forces dans la bataille et de consolider sa base de classe, par l’appel à la grève, notamment pour la reconquête des services publics progressivement démolis depuis trente ans. L’opportunité, enfin, d’affirmer que la véritable opposition sociale n’est pas institutionnelle et parlementaire : elle se joue dans la rue, dans l’action directe, et sera l’œuvre du prolétariat dans toute sa diversité.

La grève et le blocage de l’économie sont le meilleur moyen à la fois de faire reculer le pouvoir et de démasquer l’extrême droite, qui rechignera à nuire aux intérêts du capitalisme hexagonal.

La grève générale, si on y parvient, sera le moyen d’emporter la victoire. c’est le moment ou jamais de populariser cette idée.

Autant dire que la frilosité qui a prévalu jusqu’ici du côté de la confédération CGT est catastrophique. Il faut espérer que l’action de l’Union syndicale Solidaires et des fédérations CGT les plus combatives feront bouger les lignes dès le 8 décembre, puis lors de la mobilisation interprofessionnelle du 14 décembre.

Opérer cette convergence entre une révolte populaire spontanée et le mouvement ouvrier organisé, c’est le troisième enjeu dans ce mouvement, et il concerne toutes et tous les syndicalistes de lutte.

Paris, le 1er décembre 2018
Photo : Filou

Quatrième enjeu :
que le mouvement
se structure pour progresser

C’est la rançon du manque de structuration : si les gilets jaunes ne se dotent pas d’une équipe de porte-parole mandatés et contrôlés par la base, d’autres le feront à leur place. Les médias sélectionneront quelques « grandes gueules » télégéniques et leur réserveront le micro. Le gouvernement, lui, essaiera de se choisir une poignée de « représentants » sur mesure pour des négociations dépourvues de légitimité.

Mais les gilets jaunes peuvent-ils et elles se doter, au niveau national, d’une équipe de porte-parole représentative ? À ce stade, difficile de le dire.

Des états généraux du mouvement ? Pourquoi pas. Mais surtout pas une grand-messe gouvernementale du genre « Grenelle » pour endormir tout le monde dans un « dialogue » balisé. Des états généraux oui, s’ils sont auto-organisés et indépendants, et servent à construire, face au pouvoir d’État, un pouvoir populaire.

Cela restera cependant impossible tant que le mouvement ne se sera pas structuré localement, avec des assemblées générales dans chaque localité. C’est ce que les militantes et militants d’AL encouragent là où ils agissent. La prise de parole, la réflexion collective, les échanges constructifs sont le plus sûr moyen d’élaborer ensemble des revendications cohérentes, voire de se doter d’une charte égalitaire (ni sexisme, ni racisme, ni homophobie…).

Cristalliser un courant anticapitaliste, basiste et autogestionnaire au sein des gilets jaunes, fondé sur l’auto-organisation, c’est le quatrième enjeu dans ce mouvement, et il concerne les communistes libertaires au premier chef.

Melun, le 17 novembre 2018.
Photo : Filou

Édouard Philippe reste muet sur la taxation des richesses et le retour des services publics

Publié le

Édouard Philippe reste muet sur la taxation des richesses et le retour des services publics

Sous le vernis solennel, le Premier ministre a tenu aujourd’hui un discours de panique. Sa seule hâte est de lâcher du lest pour dissuader un acte 4 du mouvement des gilets jaunes, cette révolte populaire contre la vie chère. Mais ses annonces ne vont nullement dans le bon sens. « Il faudrait être sourd », dit-il. Oui, il faut être sourd pour ne pas entendre que la colère qui s’exprime aujourd’hui est une colère contre les inégalités sociales et territoriales.

Rien sur les services publics

La suspension pour six mois des augmentations de prix sur l’essence, le gaz et l’électricité ne suffisent pas, ne font que différer la hausse. Quant à l’annonce d’une possible « prime à la mobilité » pour les salarié.es habitant loin de leur travail, en zone péri-urbaine, c’est une tragique escroquerie, car elle ne ferait que prolonger et encourager un modèle de société sans avenir.

La production pétrolière mondiale est condamnée au déclin, et avec lui la centralité de la voiture individuelle et des longues distances domicile-travail. Plutôt que des mesures démagogiques et intenables, il faut accompagner ce déclin en réinstallant les transports publics et les services publics de proximité méthodiquement démantelés depuis des décennies. Il faut rendre à la population l’accès aux ressources et aux services de base, sans qu’elle ait à les payer de perpétuels trajets fastidieux et ruineux.

Rien sur la justice fiscale

Eh bien non ! Ce gouvernement prévient : « Si les impôts baissent, il faudra que les dépenses baissent. » Autrement dit : les gilets jaunes veulent moins de taxe ? Il faudra donc qu’ils et elles acceptent encore moins de services publics. Pas un mot sur les privilèges des classes possédantes.

Mais dans quel pays vit ce gouvernement ?

Sans doute pas dans le même que nous : un pays où les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont encore progressé de 24% en 2017, reversant 44 milliards d’euros à leurs actionnaires ; un pays où les 10% les plus riches accaparent 27% de la richesse produite [1] ; un pays qui multiplie les privilèges fiscaux pour les grandes entreprises – 27 milliards leur ont été restitués par l’État au titre du CICE et du CIR en 2018 – ; un pays qui veut supprimer l’impôt sur la fortune…

Hors sujet, le Premier ministre est resté muet sur les services publics et sur les privilèges fiscaux des classes possédantes.

La situation est mûre : frappons tous ensemble

Le gouvernement a peur, il craint que la révolte des gilets jaunes soit le prélude à un embrasement général. La jeunesse pourrait par exemple en profiter pour descendre dans la rue et obtenir la suppression de Parcoursup et de la sélection à l’université. Les salarié.es pourraient se mettre en grève pour leurs salaires, pour leurs conditions de vie, et prendre leur revanche contre les détestables lois Travail.

Si des grèves, voire une grève générale s’ajoutaient aux blocages économiques des gilets jaunes et aux blocages territoriaux comme ceux de Bure (Meuse), assemblées populaires et assemblées de grévistes auraient la puissance requise pour faire reculer l’État, le patronat, et obtenir une véritable redistribution des richesses. Voire davantage. Car nous pensons qu’un changement radical de système est nécessaire : une rupture avec le capitalisme ; l’autogestion ; la mutation de la société vers un modèle socialiste et écologique.

Alternative libertaire, le 4 décembre 2018